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Voir aussi Nouveau Dictionnaire de Mythologie Égyptienne, par
Isabelle FRANCO
et Les dieux de l'Égypte,
par Claude TRAUNECKER.
Mot égyptien désignant le monde
souterrain de l'au-delà, celui où se trouvent les défunts. Le dieu
solaire, mort lui-même en quelque sorte par son entrée sous terre, à
l'ouest, traverse cet univers sombre et dangereux pour illuminer et
revivifier les êtres qui s'y trouvent et pour y subir les
transformations qui lui permettront de resurgir au matin, régénéré, à
l'est. Les premiers égyptologues ont appelé ce lieu « les
enfers » ou « l'Hadès », comme chez les Romains ou les
Grecs.
Il existe deux mots en égyptien correspondant à peu près à notre notion d'éternité, ou plus exactement à un temps sans fin et un espace sans limites. Leur définition exacte pose toujours quelques problèmes, car les Égyptiens eux-mêmes en perdaient d'un siècle à l'autre la signification originelle. Ces deux mots, Dt et nHH sont souvent utilisés ensemble pour souhaiter ou affirmer qu'une situation durera toujours. Le premier, Dt a pour déterminatif le hiéroglyphe de la terre sablonneuse (ci-contre). Il évoque la succession cyclique des phénomènes liés à la terre, au Nil et à la végétation. Il se trouve donc lié à Osiris, à la matière, au corps, à un état inerte et statique, à la partie la plus lourde de l'être, à Tefnout. Il désigne souvent le temps sans fin. Le second, nHH a pour déterminatif le soleil (ci-contre). Il évoque la succession cyclique des phénomènes liés au soleil, à son lever et à son parcours dans le ciel. Il se trouve donc lié à Rê, à la lumière, à l'âme-ba, à un état actif et dynamique, à la partie la plus légère de l'être, à Chou. Il désigne souvent l'espace sans limites. J'ai traduit l'expression Dt nHH par « pour l'éternité terrestre et solaire », au lieu du traditionnel « éternellement et à jamais » (ou des variantes du même genre), conscient tout de même que ces mots aient pu perdre une partie de leur sens au fil des siècles.
![]() (papyrus Harris 1, 3,3-4, Hymne de Ramsès III à son père) |
| 1. Cursive hiératique ordinaire : | |
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| 2. Hiéroglyphes cursifs : | |
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| 3. Écriture rétrograde
en hiéroglyphes cursifs (ordre des signes inversé) : |
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| 4. Hiéroglyphes monumentaux : | |
Ce système peut rendre perplexes bien des jeunes étudiants en
égyptien. Ignorant ce principe, ils recherchent vainement les
hiéroglyphes formant le nom du roi qu'on appelle communément ToutAnkhAmon
dans le cartouche qui contient... son nom de couronnement, à savoir NebKheperouRê,
le plus fréquent.
Les termes prénom et nom, ou pire encore prenomen
et nomen parfois utilisés pour désigner les 4e et 5e noms
de la titulature sont devenus aujourd'hui totalement ridicules, même
si nos devanciers les plus prestigieux (dont Champollion lui-même) en
ont fait usage. Ce temps me semble révolu, car de tels mots
n'expliquent rien et induisent le néophyte en erreur.