![]() |
LA 4e HEURECelle qui est grande par son pouvoir |
| Présentation | Introduction | Registre 1 gauche | Chemin sablonneux |
| Registre 2 gauche | Registre 3 gauche | Registre 4 gauche | Registre 1 droite |
| Registre 2 droite | Registre 3 droite | ||
- Les décorateurs ont dû faire face à plusieurs difficultés :
1. découper l'Heure en deux parties à cause de la porte d'entrée (découpage qui s'avère judicieusement réussi et harmonieux) ;
2. trouver de la place pour écrire le texte de conclusion de la 3e Heure, en ajoutant un registre ;
3. placer toutes les scènes des trois autres registres de la 4e Heure et du chemin sablonneux en diagonale (très caractéristique de cette Heure), problème vite résolu par l'obligation de réduire l'échelle du dessin du fait de la présence du R1.
Si la porte d'entrée n'avait pas été située à cet endroit, la lisibilité générale des scènes en aurait sans doute été améliorée, comme on peut le constater sur un schéma approximatif de la tombe d'AmenHotep II.
Noter la présence d'un trait vertical assez fin tracé devant la déesse n° 322 (
R4g, trait coloré en bleu et grossi dans notre schéma) qui aurait servi de point de repère aux décorateurs. Voir plus de détails à ce propos au chapitre consacré à l'étude architecturale de la tombe.
Des onmouseover="AffBulle('Les côtés de la porte sont tranchants. Elle « ensevelit » tout espoir d\'aller plus loin pour l\'ignorant qui la franchirait.')" onmouseout="CacheBulle()">(163) graffiti admiratifs datant peut-être de la XXe dynastie ont été hâtivement tracés aux registres 3 et 4 de gauche.
Cette Heure est la seule qui montre le roi MenKheperRê et la reine MerytRê (R1 de chaque côté, et R3 de gauche). Toutefois, la famille royale sera encore représentée au Pilier 1, face b
.
Le dieu solaire doit maintenant pénétrer dans un territoire très sombre et très dangereux, le dernier situé à l'ouest avant d'aborder au nord au cœur du territoire de Sokar. L'épaisseur de l'obscurité oblige quiconque s'y trouve à ne rien voir mais seulement entendre [4,1g 2]. Un chemin sablonneux peint sur fond blanc traverse ce lieu en diagonale. Son aspect très photogénique (c'est une des scènes les plus photographiées dans la tombe) semble occulter, pour le visiteur distrait, les dangers qui guettent les êtres de l'au-delà qui pourraient s'y aventurer. Tout y est secret et crainte : chemins secrets, voies inaccessibles, portails cachés, (portes) tranchantes et peut-être aussi une mer de feu.
La barque ne peut plus cette fois naviguer à la rame, car l'eau se raréfie dans ce désert sombre et aride. Les vaguelettes habituelles représentant la surface de l'eau, sous la barque, ne sont d'ailleurs présentes que dans la moitié arrière de cette zone. Elle doit être halée par quatre divinités marchant sur le sable. Sur les rives, la plupart des divinités jouent des rôles de gardiens qui ne vont nulle part ailleurs [4,2g 15-20 par exemple]. Nombreux sont ceux qui vivent du souffle sortant de la bouche divine [4,2g 39 par exemple].
Ce lieu inhospitalier et fort bien dissimulé a permis a Horus de fabriquer et de cacher toutes les scènes qui s'y trouvent [4,3g 69-75 par exemple] et à Anubis d'y cacher le cadavre d'Osiris [4g S4 171-172] pour le soustraire à la fureur de Seth. Les textes vont donc jouer sur la double qualité de cet endroit redoutable pour les intrus mais très protecteur pour Osiris. Sokar, seigneur de la nécropole de Ro-Setaou, y est assimilé en même temps à Rê et à Osiris. Tout y est donc propice à l'accueil discret mais efficace du dieu, dont l'objectif essentiel consiste à renouveler ses facultés d'illumination très clairement rappelées dans le registre 3 de la partie droite
.
Une introduction de six colonnes, au R1, fait suite à la conclusion de la 3e Heure et précède une représentation de la reine MerytRê encore en vie [4,1g 6b] au moment du décès de MenKheperRê-Thoutmosis.A noter un subtil calembour entre la nécropole de Ro-Setaou auquel le Grand Dieu rend visite et le portail appelé « Celui qui cache le halage » expliqué en fin de note 186.
Ce chemin très secret et gardé de toutes parts par des sentinelles redoutables n'est accessible à aucun intrus, tellement il présente de dangers. « Chemin par où entre le cadavre de Sokar « qui est sur son sable », image secrète qu'on ne peut ni voir ni percevoir » [4g 169-170]. Même les portes y sont considérées comme des êtres divins [4g S2 168]. Les dieux qui s'y trouvent ne peuvent qu'entendre la voix du Grand Dieu [4g S2 168]. Anubis profite de l'inaccessibilité de l'endroit, que ni l'œil ni le mental ne peuvent appréhender, pour y cacher le cadavre d'Osiris [4g S4 171-172] et lui assurer la tranquillité et la sécurité nécessaires à sa régénération.
Si Rê, le Grand Dieu, pénètre ici en qualité de Chair et de cadavre, ce cadavre est également celui de Sokar, qui lui-même correspond à celui d'Osiris dissimulé par Anubis. Ainsi Sokar (divinité funéraire de Memphis) et Osiris (divinité funéraire d'Abydos) ne forment-ils qu'un seul et même cadavre, la Chair, aspect du dieu solaire engourdi dans la matière. Théologie admirable mais difficile d'accès au lecteur occidental d'aujourd'hui parfois empêtré dans son monothéisme judéo-chrétien.
Les textes qui décrivent ce chemin et ses portes sont écrits en noir (écriture énigmatique) et en rouge (écriture normale), malgré quelques exceptions. Nous sommes ici en présence de cas troublants où les énigmes côtoient leurs solutions, procédé d'ailleurs utilisé pour la plupart des noms de divinités dans les douze Heures de l'Amdouat.
A l'une des extrémités, un serpent mâle à tête humaine n° 279 (R2g
) assure la fonction de gardien du chemin, tandis qu'à l'autre extrémité, la même fonction est assurée par un serpent femelle n° 324 (R4g
) gardienne de ce chemin.
Le R2 gauche
se prolonge à droite de la porte d'entrée, au R1
.
- A gauche, la plupart des divinités sont des gardiens.
- A droite de la porte,le couple royal est exceptionnellement représenté, la reine étant curieusement un peu plus grande que le roi. Les quatre autres divinités ont des fonctions protectrices.
Il est intéressant de noter que le terme Grand Dieu, qualificatif habituel de Rê, est appliqué ici à Osiris, le Souverain de l'éternité [4,1d 48a].Les textes relatifs aux divinités tournées vers la gauche (n° 279, 283-285 et 287) sont toujours écrits de gauche à droite mais avec des hiéroglyphes tournés eux aussi vers la gauche, contrairement aux habitudes. Si cette façon de procéder permet aux hiéroglyphes de se tourner dans la même direction que ce qu'ils décrivent, il n'en demeure pas moins que ces textes deviennent quasiment compréhensibles à tous, car les conventions reprennent leurs droits. Les scribes de l'époque ont-ils été conscients de cette subtilité ?
A gauche
(R3g), la barque solaire est cette fois halée par quatre divinités. Dans ce lieu d'une totale obscurité, elle est équipée à la proue comme à la poupe d'une tête de serpent dont les flammes jouent le rôle de phares modernes pour éclairer le chemin [4,3g 60-63]. Malgré ce dispositif, le dieu ne voit pas leurs images [aux dieux de cette Heure]. Il les appelle, (mais) c'est sa voix (seulement) qu'ils entendent. [4,3g 63-68]
Dans l'équipage, il manque l'habituel Guide de la barque, à l'arrière, absent aussi chez AmenHotep II.
A droite du chemin sablonneux, une scène d'une grande beauté, se déroulant en présence d'un aspect d'Osiris, montre l'échange d'un œil-oudjat entre un personnage à tête de Thot et un autre à tête de faucon (Horus ou Sokar ?), l'œil étant appelé Sokar. Cette image a tellement plu a un scribe de la XXe dynastie qui s'est introduit dans la tombe qu'il y a laissé des graffiti très admiratifs
. Il les a gravés à la hâte mais sans endommager les images existantes.
A l'extrême droite, juste devant la porte d'entrée
, le roi est à nouveau représenté divinisé et solarisé [B] : il sort de la Douat illuminant le ciel pour suivre Rê dans le ciel et dans la terre [4,3g 76].
Le R2d (côté droit)
montre sept gardiens qu'Anubis protège dans son image de haleur [4,2d 108]. Le texte cache un calembour complexe entre l'aspect canin d'Anubis et le terme de haleur expliqué à la note 186.
La partie gauche
montre surtout des divinités affectées à la surveillance du lieu. Le texte situé en bas de la section S5 [4,4g 151] pose encore d'importants problèmes d'interprétation. Erik Hornung y voit une allusion à la « mer de flammes » de la 5e Heure.
En haut et à gauche du trait vertical situé devant la déesse n° 322, le scribe AmenHotep a gravé son nom sous forme de graffito
, signant ainsi l'autre graffito du registre 3g décrit ci-dessus.
La partie droite
présente des traces qui laissent supposer que les têtes et les étoiles ont peut-être subi des retouches importantes. L'ensemble montre des aspects solaires et lunaires du Grand Dieu. A la naissance de Khépri, la lumière sort des trois têtes du serpent [4,3d 152-156]. Certains pensent que les 14 têtes solaires et les étoiles associées pourraient représenter la moitié du cycle lunaire. Le chiffre 7 (indivisible) a sans doute toujours représenté le nombre (sacré) de jours qui, reproduit aux quatre points cardinaux, forme les 28 jours du cycle de l'astre nocturne, œil gauche du Grand Dieu. Il existe peut-être un lien entre cette scène et l'œil-oudjat du R3g appelé Sokar (n° 307)
. Quant à son œil droit, c'est le soleil. Sa présence et son rayonnement sont figurés sur la droite.
- « Celui qui connaît cette image est quelqu'un qui mange du pain à côté des vivants dans le temple d'Atoum » [4,1g 5-6].
- « Celui qui connaît cela est quelqu'un dont la voie est (bien) frayée, qui parcourt les chemins de Ro-Setaou et qui voit (cette) image dans Imhet. » [4,1g 7]
- « Celui qui connaît cette image du chemin secret de Ro-Setaou, les voies inaccessibles d'Imhet et les portails cachés qui sont dans la terre de Sokar « qui est sur son sable », est quelqu'un qui mange du pain à côté des vivants dans le temple d'Atoum. Celui qui connaît cela est quelqu'un dont la voie est (bien) frayée, qui parcourt les chemins de Ro-Setaou et qui voit l'image dans Imhet. » [Abrégé : P2,a 18-20]
[Les titres, les subdivisions et les informations écrites entre crochets sont des commentaires ou des ajouts du traducteur.]
- [Graffiti en cursive hiératique à gauche du trait de repère et très au-dessus de la divinité n° 322. Sur la photo couleur, ils sont quasiment imperceptibles. Je les ai superposés en rouge sur fond noir et blanc pour une meilleure visibilité.]
Voir la photo noir et blanc et les hiéroglyphes
- Scribe AmenHotep (180).
| Situation | |
Notes
(160) Il s'agit d'une écriture en partie cryptée. La traduction peut toutefois se faire d'après l'abrégé qui, lui, est en clair. Voir « écriture énigmatique » dans le glossaire.
(161) « Ro-Setaou » est le nom de la nécropole de Memphis, dont Sokar (Sokaris en grec) est l'antique dieu funéraire. Il signifie « L'entrée des corridors (souterrains) ». Son nom finira par signifier une nécropole en général.
(162) « Imhet » : le nom de ce lieu n'apparaît que dans la 4e, la 5e et la 6e Heures des « Écrits de l'Espace Caché ». Il désigne sans doute tout ou partie du territoire de Sokar, et en particulier l'aboutissement des corridors de « Ro-Setaou ». Plus tard, les textes du Serapeum de Memphis en feront souvent mention.
(163) Les côtés de la porte sont tranchants. Elle « ensevelit » tout espoir d'aller plus loin pour l'ignorant qui la franchirait.
(164) Il n'est fait référence à cette divinité nulle part ailleurs.
(165) Il faut comprendre : « Il [le dieu solaire] ne passe pas près d'eux [les dieux de cet endroit]. Ce n'est (que) sa voix qu'ils entendent ».
(166) Le scribe semble d'ailleurs avoir été moins à l'aise dans cette situation, car son écriture penche assez nettement à gauche. Il faut bien comprendre qu'il écrit vraiment à l'envers par rapport à ses habitudes, comme le fit Léonard de Vinci... bien longtemps après lui.
(167) Ces « deux dieux » sont vraisemblablement les deux ennemis de toujours, Horus et Seth. Cela inciterait à penser que le personnage représenté ici est Thot, car c'est lui qui sépare justement les deux combattants et les réconcilie. « Je suis Thot. J'ai apaisé Horus, j'ai apaisé les deux Combattants [Horus et Seth] dans leur moment de fureur : je suis venu, j'ai lavé le sang, j'ai apaisé la querelle ; (je suis) celui qui a englouti tout mal. » (Formules pour Sortir le Jour (=Livre des Morts), ch. 182). Mais cette interprétation semble difficilement acceptable car les deux personnages n°s 284 et 286 qui pourtant se tournent le dos sont décrits par le même texte tandis que le n° 286 a la tête de Seth. Ainsi 284 serait plutôt Horus et 286 plutôt Seth. Mais alors, que faire du texte descriptif en contradiction avec les images ? A moins qu'il faille comprendre : « Celui qui est un acteur dans la séparation »...
(168) Ou peut-être : « il vit du souffle qui se trouve à sa bouche », désignant ainsi la clé de vie placée devant lui ?
(169) Paul Bucher n'en a dénombré que 13. Celle qu'il numérote 61 en comporte deux en réalité. J'ai numéroté la deuxième 61a.
(170) « vers eux » : c'est-à-dire vers les dieux de ce lieu.
(171) Ces graffiti sont expliqués dans un
article de 1975 publié par Jürgen Osing (avec celui de John Romer) dans la
revue MDIK 31,2 pages 349-351. D'après sa graphie hiératique, ce
texte semble dater de la fin de la XXe dynastie, gravé par un scribe peu
talentueux nommé AmenHotep qui a laissé aussi son nom au registre 4,
au-dessus de la divinité n° 322. Ce texte s'émerveille devant la
scène montrant l'œil-oudjat, à droite sur ce même registre, de
l'autre côté du chemin sablonneux, au niveau de la divinité n° 307.
Mot à mot : « AmenHotep. Parfait (est) l'oudjat, à droite,
en millier ! ». Il est intéressant de noter que ces
graffiti ont été inscrits uniquement dans des espaces libres, entre les
divinités, et respectent les illustrations existantes sans les chevaucher.
Un 3e graffito hiératique représentant un œil humain tracé par le même
personnage (?) existe encore à cette même Heure. Faute de
contexte, il n’est pas possible de le traduire.
(172) Littéralement : « Celle qui perce le chemin ».
(173) Le nom en noir de ce haleur avait été écrit deux fois par mégarde, en plus du nom en rouge. Le scribe en a effacé le premier, mais des traces restent aujourd'hui visibles.
(174) Le texte utilise, dans les noms des haleurs 301 à 303, trois mots différents pour désigner la corde de halage. Je me suis efforcé d'en faire autant en français.
(175) Allusion à la partie arrière du collier d'Osiris, ornement traditionnel de ce dieu, comme le sceptre-heqa en forme de crochet (n° 305).
(177) Cet œil-oudjat est bien appelé ici Sokar, façon subtile d'assimiler ce dieu funéraire au dieu solaire, tout comme Osiris est assimilé à Rê.
(178) Le fait que le roi soit montré ici sortant de la Douat s'explique par la présence de la porte d'entrée de la tombe, juste devant lui, qui devient du même coup une porte... de sortie.
(179) La fin est rédigée en écriture « énigmatique ». Traduction trop incertaine pour être donnée ici. Erik Hornung propose : « qui appartient à la création dans la terre ». Le pronom pluriel étant le même pour les deux genres, et les divinités étant sans doute féminines (bien qu'on ait des doutes pour le n° 320), il me semble que l'article pluriel doit être au féminin.
(180) Ces graffiti ont été gravés sans talent par un scribe nommé AmenHotep. Il a laissé aussi un bref commentaire au registre 3, à l'avant de la barque solaire. Voir la note 171 de cette 4e Heure.
(181) Il semble bien que le grand désordre observé dans les hiéroglyphes vienne du document original avec lequel travaillait le scribe, car on retrouve cette confusion dans les mêmes passages d'autres tombes (Ramsès VI, par exemple). Est-ce voulu ou non ? Le scribe d'AmenHotep II (fils de notre MenKheperRê-Thoutmosis) s'efforce, dans ce cas comme dans d'autres, de corriger ce qu'il pense erroné. Voir aussi la rubrique « trouvé endommagé », dans le glossaire.
(182) Léger désordre dans quelques hiéroglyphes au § 4,4g 130.
(183) Le serpent-femelle n° 124 (1e Heure, registre 4) et la déesse n° 488 (7e Heure, registre 1) portent le même nom.
(184) Selon l'interprétation d'Erik Hornung dans ce qu'il pense pouvoir être lu nt-XAwt « flot du cadavre », renvoyant ensuite au ntw de la 5e Heure signifiant « mer de flammes ». L'énigme semble aussi noire que le lieu où elle se trouve...
(185) « Celui qui est secret » désigne Osiris.
(186) Calembour très subtil entre l'aspect
de chacal d'Anubis, la fonction de haleur et la corde.
Il s'agit presque d'une charade à tiroirs avant la lettre. Ici le
haleur, celui qui tire, ou encore le halage sont
écrits avec une corde et se lisent sTA(w) [Wb 4,351 - HWb,683]. D'autre part, le chacal se dit sAb (ou zAb) [Wb 3,420-5 - HWb,658] qui fait jeu de mots avec le verbe sAb
faire passer [Wb 3,420-15
- HWb,658] et le
verbe sbi mener, accompagner [Wb 3,431 B - HWb,683]. "Ceux
qui mènent" la barque sont, du fait de ce jeu
de mots, appelés sbtyw [Wb 3,433-2 - HWb,684]
et sont représentés sous forme de chacals.
Il ne restait plus qu'à rapprocher "ceux qui mènent"
la barque (sbtyw sous l'aspect de
chacals) de "ceux qui tirent" (sTAw) pour en faire aussi des chacals,
animaux d'Anubis...
Les calembours autour de ces mots ne s'arrêtent pas là, car sTAw
désigne aussi bien ceux qui tirent que les corridors
dans l'expression Ro-Setaou ("Entrée des corridors",
nom de la nécropole de Memphis, [Wb 4,354-13
- HWb,459]). On voit
ainsi que les haleurs de la barque, la nécropole Ro-Setaou de
Memphis, les chacals et Anubis sont intimement liés par des ressemblances
de vocabulaire souvent utilisées dans les textes funéraires royaux.
(187) Une divinité portant la même tête faite de deux appendices se trouve à deux autres endroits : sur la face d du Pilier 2 (dieu n° L,64) et au registre 1 de la 10e Heure (n° 710).
(188) « Celui qui ramène la Lointaine » : surnom d'Onouris. Ce dieu guerrier est parfois assimilé à Thot qui ramène Hathor-Sekhmet transformée en lionne et qui s'était enfuie en Nubie (= image du Nil et de ses eaux rouges après le début de l'inondation).
(189) La déesse n° 12 (1ère Heure, registre 1) porte le même nom.
(190) Les « têtes du serpent-Menmenou » peuvent aussi bien désigner les 3 têtes du serpent lui-même que les 14 têtes humaines supportant le soleil qui se trouvent au-dessus de lui. Il est malaisé de choisir entre ces deux hypothèses.
(191) Les égyptologues Maspéro, Jéquier et
Budge pensent que ces 14 têtes humaines pourraient représenter les
quatorze premiers jours d'un mois lunaire et se trouver en relation avec
l'œil d'Horus du registre 3 dans la partie gauche de cette Heure
(n° 307) pourtant appelé Sokar. Cette scène a peut-être une
signification astronomique, mais elle nous échappe.
Quant au dessin des têtes, il semble avoir subi des retouches importantes
à la suite d'une erreur.
(192) Ce personnage n° 327 pourrait bien être Chou, car il est près de Maât et tous deux se trouvent sous le soleil ailé. Ils sont ainsi des émanations solaires. Voir Textes des Sarcophages (80 II,35 à 39) et la rubrique Chou dans le glossaire. Les divinités de ce registre sont en fait tournées vers la barque solaire qui arrive par le chemin oblique sablonneux. La porte à l'extrême droite du registre, « tranchante » comme les autres, en marque la limite.