LA 12e HEURE

Celle qui voit la beauté de Rê

 

12.1 Situation

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Présentation Introduction Registre 1 Registre 2 Registre 3

 

12.2 Présentation

Situation dans l'Espace Caché de la Douat
A l'est.
- Description dans la version complète : à l'introduction [12,i 3].
- Description dans la version abrégée : [P1,a 63-64].
 
Disposition des scènes
La 12e Heure respecte la disposition normale des Heures sur trois registres, comme chez AmenHotep II.
Géographie du lieu Voir le schéma du parcours
- Région visitée par le dieu solaire : Héliopolis.
- Divinités principales : Rê et Khépri. Leurs noms sont cités 17 et 6 fois respectivement.
- Portail : « Celui qui soulève les dieux » [12,i 2].
- Lieu : « Celui qui se manifeste (en) ténèbres et apparaît (en) naissances [?] » [12,i 2]
- Nom de l'Heure : « Celle qui voit la beauté de Rê » [12,i 2].
- Gardien : aucun gardien n'est affecté explicitement à cette Heure.
Particularités

Aucune technique de compression de personnages n'est utilisée, sauf dans la barque solaire pour les dieux 852 à 855, c'est-à-dire les quatre derniers membres d'équipage, comme c'est le cas depuis la 9e Heure.

L'extrémité droite du registre est arrondie , et c'est là que se rejoignent les bandes sablonneuses que l'on voyait courir en haut du R1 et en bas du dernier registre sur toute l'étendue des textes de la Douat.

Au R3 , une petite marque verticale qui a dû servir de point de repère aux décorateurs a été tracée devant le dieu 899, au niveau de son bassin (trait bleu grossi sur notre schéma). Bien que discret, il est visible sur les photos.

Hasard ou pas, il est intéressant de noter l'abondance du signe hiéroglyphique D12 (un petit cercle), surtout dans les noms de divinités, où il figure seize fois, souvent comme signe à valeur énigmatique à la place des graphies habituelles des verbes faire et voir et de leurs dérivés.

Les textes et les illustrations de la 12e Heure

Cette 12e Heure forme un ensemble très majestueux mais sans lourdeur, malgré le côté un peu martial et spectaculaire du cortège, car l'œil est surtout attiré par la barque et le serpent du R2 , ainsi que par le grand scarabée de Khépri, à l'extrême droite du R2.

On pourra trouver une étude un peu plus approfondie de cette 12e Heure au chapitre consacré aux textes de l'Amdouat.

Texte d'introduction

Le texte annonce bien sûr la fin des ténèbres profondes [12,i 1]. La naissance de Khépri est si importante que le corps de Nout dans lequel il prend place est cité deux fois dans le texte [12,i 2 et 3] et que l'événement est assimilé à la Première Fois par la présence de deux couples primordiaux d'Héliopolis [12,i 1].

La titulature complète du roi apparaît ici [12,i 3]. On la retrouvera également à l'introduction de la 9e Heure [9,i 2]. Elle ne figure dans la chambre funéraire qu'à ces deux endroits.

Registre 1

Sur cette rive, deux groupes seulement de divinités ont été représentés.

D'abord douze déesses, portant à l'épaule une uræus crachant du feu, qui doivent repousser et châtier Apop [12,1 4 et 12,1 7], mais qui apportent aussi une certaine forme de délivrance à ceux qui sont dans les ténèbres [12,1 6].

Puis douze dieux adorateurs qui, dans le petit hymne qu'ils adressent à Rê, font une allusion soutenue [12,1 9] aux Deux Déesses qui le soulèvent (Isis et Nephtys qui participent intensément à la résurrection d'Osiris) et à ses Deux Filles (aspects de la double Maât et du rayonnement solaire). Ils doivent en outre remplir une mission d'une fraîche poésie consistant à s'assurer de la splendeur turquoise de l'aurore [12,1 11] (voir note 510).

Registre 2

Le Grand Dieu navigue à travers l'épine dorsale d'un gigantesque serpent appelé « Vie des dieux ». Avec sa barque, son équipage au complet et ses haleurs, il entre par sa queue et sort par sa bouche [12,2 37].

Le halage est assuré par deux équipes de divinités - douze dieux et treize déesses - qui regardent en direction du dieu solaire dans sa barque. Les treize déesses (nombre plutôt inhabituel) sont des forces cosmiques produisant vent et calme, tempête et pluie [12,2 52]. Chez AmenHotep II, elles regardent devant elles (distraction probable de l'artiste).

Ce fantastique serpent « Vie des dieux » mesure 1300 coudées (soit environ 680 m). Il permet un jeu de mots, particulièrement bienvenu ici,  entre sa colonne vertébrale (imAxw) et les Bienheureux-Imakhou (imAxyw). De plus, le serpent vit de leurs murmures [12,2 46-47].

Contrairement aux autres Heures, le registre se termine par un arrondi qui prend la forme de l'image secrète de Chou qui sépare le ciel de la terre [12,2 38] étendant ses bras qui scellent la Douat [12,2 39]. A gauche de la tête de Chou [884] qui le reçoit [12,2 41], c'est-à-dire juste à l'horizon mais encore sous terre, le scarabée de Khépri [883] est représenté dans une taille inhabituelle (très approximativement 25 sur 16 cm) tandis qu'à droite, juste au-dessus de l'horizon, c'est le soleil de couleur rouge qui renaît.

Registre 3

Sur l'autre rive, deux couples primordiaux très importants à cet instant [885-888] et déjà mentionnés dans l'introduction [12,i 1] accueillent ce Grand Dieu [12,3 93].

Puis viennent huit dieux d'aspects divers chargés une nouvelle fois de repousser Apop (à coups de rames ?) après la naissance du dieu [12,3 97] ou de calciner les ennemis de Rê [12,3 98].

A l'avant, une nouvelle série de divinités qui respirent grâce aux paroles de ce Dieu et à leurs propres adorations [12,3 103] adresse des louanges à Osiris dont la momie surnommée l'image de la Chair [908] est adossée à la courbe sablonneuse. Il est considéré comme le Grand Dieu qui passe près d'eux [12,3 101], nouvelle façon de marquer encore la fusion qui se réalise entre Rê et Osiris, ce qui n'empêche pas chaque divinité de conserver sa propre nature, puisque Rê s'installe... à l'horizon oriental du ciel [12,2 40-41] tandis que le Grand Flot [Osiris] jaillit de la terre et de cette image [12,3 105-106].

Utilité pratique

- « C'est utile à celui qui connaît cela sur terre, et dans le ciel comme dans la terre. Ce roi « Horus Taureau Puissant : Qui apparaît dans Thèbes ; Deux Maîtresses : Durable en royauté comme Rê dans le ciel ; Horus d'Or : (Celui) aux levers splendides et à la force puissante ; Roi de Haute et Basse Égypte : { MenKheperRê } ; fils de Rê : { DjehoutyMes-NeferKheperou }, juste de voix, connaît cela » [12,i 3].


- « C'est utile à celui qui connaît cela sur terre, et dans le ciel (comme) dans la terre » [P1,a 64]


 

12.3 Traduction

[Les titres, les subdivisions et les informations écrites entre crochets sont des commentaires ou des ajouts du traducteur.]

12e Heure - Introduction

[2 colonnes, à gauche, sur la hauteur des 3 registres.]
[12,i 1-2]  Voir les hiéroglyphes
Séjourner, par la majesté de ce Grand Dieu, dans cette caverne de la fin des ténèbres profondes. Ce Grand Dieu naît en son aspect de Khépri dans cette caverne. Noun et Nounet, Heh et Hehet (491) viennent (aussi) à l'existence dans cette caverne [2] lors de la naissance de ce Grand Dieu quand il sort de la Douat, qu'il prend place dans la barque du jour (492) et qu'il apparaît entre les cuisses de Nout (493). Le nom du portail de ce lieu est « Celui qui soulève les dieux ». Le nom de ce lieu est « Celui qui se manifeste (en) ténèbres et apparaît (en) naissances [?] » (494). Le nom de l'Heure de la nuit dans laquelle ce Grand Dieu vient à l'existence est « Celle qui voit la beauté de Rê ».
[1 ligne courant au-dessus des 3 registres, juste sous la bande sablonneuse.]
[12,i 3]  Voir les hiéroglyphes
Caverne secrète de la Douat dans laquelle ce Grand Dieu naît lorsqu'il sort du Noun et qu'il prend place dans le corps de Nout. Ces choses sont faites comme cette image peinte à l'est de l'Espace Caché, dans la Douat. C'est utile à celui qui connaît cela sur terre, et dans le ciel comme dans la terre. Ce roi (495) « Horus Taureau Puissant : Qui apparaît dans Thèbes ; Deux Maîtresses : Durable en royauté comme Rê dans le ciel ; Horus d'Or : (Celui) aux levers splendides et à la force puissante ; Roi de Haute et Basse Égypte : { MenKheperRê } (496) ; fils de Rê : { DjehoutyMes-NeferKheperou }, juste de voix, connaît cela.

12e Heure - Registre 1

Scène 1
[12 déesses, portant à l'épaule un serpent uræus crachant du feu. Au-dessus d'elles, 3 lignes figurant dans la moitié supérieure gauche du registre 1.]
[12,1 4-5]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Elles (497) existent de cette façon dans leurs propres corps. Leurs uræus sortent de leurs épaules après que ce Grand Dieu a atteint ce lieu. Elles sont à la suite de ce Dieu, et les flammes qui sont à la gueule de leurs uræus [5] repoussent Apop (loin) de Rê au portail oriental de l'horizon. Elles parcourent le ciel à sa suite, en leur place dans la barque du jour. Ces divinités (497a) s'en retournent [?] après que ce Grand Dieu
[12,1 6]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
a passé le banc de sable secret du ciel, et se reposent alors sur leurs trônes. Ce sont elles qui « adoucissent » le cœur des dieux de l'Ouest en remplacement de (498) Rê-de-l'Horizon. Ce qu'elles ont à faire dans la terre, c'est apporter la délivrance à ceux qui sont dans les ténèbres grâce aux flammes
[2 colonnes à l'extrême gauche du registre 1.]
[12,1 7]
de leurs uræus, après qu'elles s'en sont retournées, qu'elles ont accompagné Rê [8] et qu'elles ont châtié Apop, pour lui (499), dans le ciel.
[Noms des 12 déesses décrites dans les textes ci-dessus, de gauche à droite. Elles portent à l'épaule un serpent-uræus qui crache du feu.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[822] La Parfaite en apparitions (500)
[823] Celle qui crée le chemin pour Rê (501)
[824] La Maîtresse des pouvoirs de la terre
[825] Celle qui commande aux uræus
[826] Celle qui fait prospérer les deux rivages du ciel (502)
[827] Celle qui exulte dans ses Deux Terres
[828] Celle qui est exaltée dans ses formes
[829] Celle qui a pouvoir sur ses esprits-akhou
[830] Celle qui fait exulter [?] [?] dans ses formes [?] [à lui]
[831] Celle qui voit le cadavre(-divin) quand sa barque s'arrête [?] (503)
[832] Celle qui surgit du (sommet de la) tête de Rê
[833] La Maîtresse des uræus dans la barque des Millions (504)
Scène 2
[12 dieux faisant le geste d'adoration. Au-dessus d'eux, 3 lignes figurant sur la moitié supérieure droite du registre 1.]
[12,1 9-10]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ils existent de cette façon. Ils adorent, ils adorent (505) ce Grand Dieu, à l'aube, quand il séjourne au portail oriental du ciel. Ils disent à Rê : (Il) naît (celui qui devait) naître, (il) vient à l'existence, (celui qui devait) venir à l'existence [?] (506), le Vénérable de la terre, âme-ba du maître des hauteurs-célestes. Le ciel [10] appartient à ton âme-ba pour qu'elle y repose ; la terre appartient à ton cadavre (507), (ô) maître de vénération ! Tu as saisi l'horizon et tu séjournes dans ta chapelle. Les Deux Déesses (508) te soulèvent de leur corps. Salut à toi, âme-ba qui est dans les hauteurs-célestes ! Tes Deux Filles (509) t'accueillent [?] dans tes formes.
[12,1 11] Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ce qu'ils ont à faire dans la Douat, c'est adorer ce Grand Dieu. Ils se tiennent dans ce lieu et ils inspectent [?] les dieux-turquoise (510) tandis que les dieux-turquoise acclament Rê après qu'il s'est installé dans le ciel
[1 colonne écrite devant les divinités faisant le geste d'adoration.] (511)
[12,1 12]
et qu'il est apparu aux yeux des hommes (512). Puis ces dieux séjournent (à nouveau) dans leurs cavernes.
[Noms des 12 dieux décrits dans le texte ci-dessus, dans la moitié droite du registre 1, de gauche à droite. Ils font le geste d'adoration.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[834] Le Maître de Vie
[835] Celui qui acclame
[836] Le Maître de l'exultation
[837] Le Maître des adorations
[838] Celui qui adoucit le cœur
[839] Celui qui exulte pour Rê
[840] Le Noble de cœur
[841] L'Enfant
[842] Celui qui adore [?] (l'œil) gauche [?] (513)
[843] Celui qui renouvelle [?] les têtes des dieux
[844] Celui qui ajoute [?] les têtes des dieux [à leurs corps ?]
[845] Celui qui acclame Khépri

12e Heure - Registre 2

Scène 1
[La barque solaire. Au-dessus d'elle,  2 lignes de texte.]
[12,2 37-38]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ce Dieu navigue de cette façon en ce lieu à travers l'épine dorsale de cette image secrète du serpent (appelé) « Vie des dieux » tandis que ses dieux le halent. Il entre par sa queue et sort par sa bouche, [38] naissant en son aspect de Khépri. Les dieux qui sont dans sa barque font de même. Il séjourne sur l'image secrète de Chou (514) qui sépare le ciel de la terre (dans) les ténèbres profondes.
[4 petites colonnes au-dessus et à droite de la proue.]
[12,2 39-41a]
Ses deux bras (515) scellent la Douat. C'est alors que s'installe [40] ce Dieu à l'horizon oriental du ciel. [41] Chou le reçoit, (c'est-à-dire) son aspect, [41a] sur le rivage oriental.
[Noms des divinités dans la barque solaire, de la proue à la poupe.]
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[856] Khépri [le scarabée, à la proue]
[846] L'Ouvreur des chemins
[847] La Connaissance-Sia
[848] La Maîtresse de la barque
[849] Le serpent-Mehen [ = celui qui enveloppe la « Chair » comme un naos]
[850] La Chair
[851] Horus, l'Élogieux
[852 et 853 sont en effet perspective]
[852] La Vigie
[853] Le Taureau de Maât
[854 et 855 sont en effet perspective]
[854] La Parole-Hou
[855] Le Guide de la barque
Scène 2
[12 dieux halant la barque solaire, le regard tourné vers la barque et les pieds inclus dans l'épine dorsale du grand serpent. Au-dessus de l'ensemble, 5 lignes de texte décrivant les haleurs et le serpent.]
[12,2 42-44]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ils existent de cette façon. Ils halent ce Grand Dieu dans la colonne vertébrale du serpent (appelé) « Vie des dieux ». Les Bienheureux-Imakhou (516) de Rê, qui sont derrière et devant lui, [43] naissent dans la terre chaque jour après qu'est né ce Grand Dieu à l'est du ciel. Ils entrent dans l'image secrète du serpent (appelé) « Vie des dieux » en qualité de Bienheureux-Imakhou (517). Ils sortent, [44] ils sortent (505) en qualité d'adolescents de Rê, chaque jour. Leur abomination, c'est de crier sur la terre et de prononcer le nom du Grand Dieu. Ils se trouvent dans leurs propres corps lorsqu'ils sortent,
[12,2 45-46]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
(qu'ils) se mettent à sortir (505) à la suite du Grand Dieu vers le ciel. Cette image secrète du serpent appelé « Vie des dieux » se trouve à sa juste place dans la Douat et elle ne va à aucune autre place, chaque jour. [46] Ce Grand Dieu lui parle en son nom de serpent-Nââou lorsqu'il se glisse [?] (518) vers la naissance du dieu. Il a une longueur de 1300 coudées sacrées et divines. Il vit des
[1 toute petite ligne et 2 petites colonnes au-dessus de la tête du grand serpent.]
[12,2 47-49]
murmures des Bienheureux-Imakhou [48] qui sont dans son épine dorsale et qui sortent [49] de sa bouche chaque jour.
[Noms des 12 dieux qui halent la barque, de gauche à droite. Ils regardent derrière eux, en direction de la barque solaire. Leurs noms sont écrits devant eux, au niveau des jambes, sous la corde de halage.]
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[857] Le Grand
[858] L'Ancien
[859] L'Affaibli par l'âge
[860] Le Sage
[861] Celui qui part (pour) sa nouvelle année [?]
[862] Celui qui accède à sa vie [?]
[863] Le Pouvoir du temps [?]
[864] Celui qui fait partie des Bienheureux-Imakhou
[865] Maître des Bienheureux-Imakhou
[866] Le Grisonnant [?]
[867] Celui aux cheveux gris [?]
[868] Le Vivant
[Le grand serpent dont la tête est surmontée d'une grande clé de vie. Sous la tête du serpent, il est écrit :]
[869] L'Énergie-Ka de celui qui donne la vie aux dieux.
Scène 3
[13 déesses halant la barque solaire, le regard tourné vers la barque, devant le serpent. Au-dessus d'elles, 4 lignes de texte.]
[12,2 50-53]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Elles existent de cette façon. Ce sont elles qui saisissent la corde de halage de la barque de Rê lorsqu'il sort de l'épine dorsale du serpent (appelé) « Vie des dieux ». [51] Ce sont elles qui halent ce Grand Dieu dans le ciel et le conduisent aux chemins des hauteurs-célestes. Ce sont elles qui créent ce qui se produit [52] dans le ciel : le vent et le calme plat, la tempête et la pluie. Ce qu'elles décrètent en tant que vivantes, [53] c'est ce que fait la grande barque dans le ciel.
[Noms des 13 déesses qui halent la barque, de gauche à droite. Elles regardent derrière elles, en direction de la barque solaire.]
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[870] Celle qui tire
[871] Celle qui regarde la beauté de Rê
[872] Celle qui voit Khépri
[873] Celle qui voit le cadavre de son dieu
[874] La Maîtresse du rajeunissement [?]
[875] La Maîtresse de l'éternité
[876] L'Eternelle [?]
[877] Celle à l'épaule vivante
[878] Celle qui parle sur la barque
[879] Celle qui exulte dans son horizon
[880] Celle qui réside dans son horizon
[881] Celle qui amène son dieu
[882] La Sacrée de l'Est
Scène 4 Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[Un scarabée de grande taille et la tête humaine de Chou. Au-dessus du scarabée, à l'extrémité droite du registre 2, son nom.]
[883] Khépri
[Au-dessus de Chou qui étend ses bras, à droite du scarabée.]
[884] Image de Chou

12e Heure - Registre 3

Scène 1
[2 couples divins primordiaux. Au-dessus d'eux, 4 lignes de texte.]
[12,3 93-96]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ils existent de cette façon dans leurs propres corps. Ils séjournent auprès de [94] Rê dans le ciel. Ce sont eux qui accueillent ce Grand Dieu (519) lors de son arrivée [95] parmi eux à l'est du ciel chaque jour. Ils se trouvent à leurs portails dans l'horizon [96] (tandis que) leurs images de la Douat sont dans cette caverne.
[Noms des personnages formant les 2 couples divins, de gauche à droite. Il tiennent un sceptre-ouas dans la main gauche et une clé de vie dans la main droite.]
[Premier couple primordial personnifiant les Eaux Primordiales.]
[885] Noun
[886] Nounet
[Deuxième couple primordial personnifiant l'Infini.]
[887] Heh
[888] Hehet
Scène 2
[2 groupes de 4 divinités séparées par un serpent dressé sur sa queue. Au-dessus de l'ensemble, 4 grandes lignes de texte dont la dernière (12,3 100) concerne la scène 3.]
[12,3 97-99]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ils existent de cette façon, portant leurs rames. Ce sont eux qui repoussent Apop à l'arrière du ciel après la naissance du Dieu. Ce qu'ils ont à faire, [98] c'est soulever le grand globe-solaire dans l'horizon oriental du ciel, chaque jour. C'est le serpent (appelé) « Celui qui brûle avec son œil » (520) qui calcine les ennemis de Rê [99] à l'aube. Ces dieux (521) parcourent le ciel à la suite de ce Grand Dieu chaque jour, et ils reçoivent leurs formes dans cette caverne chaque jour.
[Noms des dieux, à gauche du serpent, tenant une rame à la main.]
[889] Celui qui est paré (de bandelettes) [à tête humaine]
[890] Le Très respecté [à tête humaine]
[891] Nehaï [?] [à tête de crocodile]
[892] Nehi [?] [à double tête de cigogne]
[Serpent dressé sur sa queue, crachant du feu et précédé d'une clé de vie.]
[893] Celui qui brûle avec son œil (524a)
[Noms des dieux à tête humaine, à droite du serpent, tenant une rame à la main.]
[894] Celui à la magie brûlante [?]
[895] Celui qui est devant son hTT [?]
[896] Le Puissant de cœur
[897] Celui de la Douat (525)
Scène 3
[10 dieux faisant le geste d'adoration devant la grande momie n° 908. Leur texte descriptif est composé d'1 ligne (ci-dessous) écrite au-dessus des dieux de la scène 2 puis d'1 colonne]
[12,3 103]   Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ce sont les dieux qui sont à la suite d'Osiris et qui viennent à l'existence près de lui la Première Fois (523). Ils se trouvent derrière cette image secrète de cette caverne. Ils vivent de ce dont il vit. Ils respirent grâce aux paroles de ce Dieu et à leurs propres adorations.
[12,3 100]
Ils existent de cette façon, juste derrière les images d'Osiris qui préside aux ténèbres profondes. Paroles qu'ils disent (522) à ce Grand Dieu
[Colonne située entre les personnages 897 et 898]
[12,3 101]
après que ce Grand Dieu est passé près d'eux :
[Hymne constitué de 2 longues lignes au-dessus des 10 dieux en adoration.]
[12,3 102]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
(Il) vit, (il) vit, celui qui préside à ses ténèbres ! Il vit, le Grand qui préside à ses ténèbres ! Maître de la vie, Prince de l'Ouest, Osiris, le Premier de ceux de l'Ouest ! (Il) vit, (il) vit, celui qui préside à la Douat ! Le souffle de Rê est pour ton nez, l'haleine de Khépri est devant toi pour que tu vives et que tu demeures en vie.
[Noms des 10 dieux.]
[898] Celui qui glorifie les esprits-akhou
[899] Celui à la bouche vaillante [précédé d'un trait vertical de repère] (526)
[900] Celui qui offre [?]
[901] Celui qui entoure [?]
[902] Le Porteur
[903] Le Musicien
[904] Celui au bras brillant [?]
[905] Utile par (sa) bouche [?]
[906] Itep [?]
[907] Celui qui est un dieu
Scène 4
[Une momie de très grande taille, adossée au chemin sablonneux en courbe qui délimite la 12e Heure.
Au-dessus d'elle, 1 ligne très courte.]
[12,3 102a] Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Salut Osiris, Maître de la vie !
[3 colonnes de longueurs inégales, à l'extrême droite du registre 3, juste devant la momie.]
[12,3 104-106]
Il [Osiris momifié] existe de cette façon dans l'image qu'Horus a cachée dans les ténèbres profondes (524). [105] Cette image secrète soutient Chou au-dessous de Nout tandis que le Grand Flot jaillit [106] de la terre et de cette image.
[La momie, à l'extrême droite du registre 3.]
[908] L'Image de la Chair

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Notes

(491) Il s'agit de divinités mâles et femelles d'Héliopolis qui personnifient les Eaux Primordiales (Noun et Nounet) et le Flot Primordial (Heh et Hehet), ces derniers signifiant aussi l'Espace Infini. Ces deux couples pouvaient être accompagnés de deux autres : les Ténèbres (Kekou et Keket) et un autre dont le nom est très variable selon les lieux où il est mentionné : l'Insaisissable ou l'Indéfinissable (Amon et Amonet ou Nia et Niat) ou encore la Nuit (Guereh et Guerehet). L'ensemble forme alors l'Ogdoade d'Hermopolis. Ces forces élémentaires d'un monde encore inorganisé identifiées à ces quatre couples sont représentées avec des têtes de grenouilles et de serpents. Les Égyptiens eux-mêmes semblent ne pas avoir eu des idées totalement claires sur ces très anciennes divinités.

(492) Le très beau hiéroglyphe déterminant cette barque porte à sa proue le même tapis que celui qui est peint au registre 2 de la 1ère Heure. Toutefois, il ne figure pas à la proue de la barque réellement représentée dans cette 12e Heure, au registre 2. Le même hiéroglyphe se retrouve encore au § 12,1 5.

(493) Nout, déesse du ciel qui donne naissance au soleil chaque matin.

(494) Traduction incertaine. L'expression n'est faite que de mots bien connus, mais leur agencement est inhabituel. Peut-être faut-il comprendre quelque chose comme « Celui qui provient des ténèbres pour donner naissance (au soleil) » ?

(495) C'est la titulature complète du roi qui est écrite dans les expressions qui suivent.

(496) « MenKheperRê » constitue le nom égyptien de couronnement du roi. Il signifie : « La venue à l'existence de Rê demeure ».

(497) C'est-à-dire « les déesses peintes ici ». En langue égyptienne, le pronom personnel pluriel ne sait pas différencier le masculin du féminin, contrairement au français.

(497a) La version de MenKheperRê et celle d'AmenHotep II écrivent un masculin pluriel (= Ces dieux). Le bon sens, fondé sur le contexte, incite à l'imputer à la distraction du rédacteur initial (?) et à rétablir le féminin. Avec le mot divinités, le français m'a permis de respecter cette ambiguïté.

(498) Le texte dit : « en tant que », c'est-à-dire « dans le rôle de, dans la même fonction que » Rê quand il n'est plus dans le monde souterrain.

(499) « pour lui », c'est-à-dire pour Rê, à son bénéfice. Elles pourchassent Apop jusqu'à l'équivalent céleste du banc de sable souterrain dont il a été question en H7R2, puis elles reviennent en ce lieu. Dans ce rôle, elles correspondent aux déesses 518 à 521 de cette 7e Heure.

(500) Les serpents n° 100 (H1R4) et 679 (H9R3) portent le même nom.

(501) Jeu de formes hiéroglyphiques entre le mot « créer, faire » (hiéroglyphe en forme de cercle sans point en son centre) et le nom du dieu solaire Rê (un cercle avec un point en son centre). Le mot « créer » qui peut surprendre en français a été laissé tel quel délibérément.

(502) Jeu de mots entre swADt (Celle qui fait prospérer) et wADit (uræus) mots très voisins en égyptien.

(503) Le hiéroglyphe qui traduit ici le mot « s'arrête » a été lu différemment par Paul Bucher et par Erik Hornung. Le tracé est ambigu et peut être interprété de deux façons. J'ai suivi ici Erik Hornung, mais sans enthousiasme.

(504) « Millions » au sens d'« infinité de cycles dans le temps ».

(505) L'expression est répétée deux fois de suite dans le texte.

(506) Traduction incertaine d'un texte fait de quatre hiéroglyphes identiques deux à deux.

(507) Ce minuscule hymne de deux lignes nous fait découvrir une affirmation théologique intéressante. En effet, à la conclusion de la 3e Heure, on trouve « Ton âme-ba appartient au ciel, ton cadavre appartient à la terre, (toi) le chef d'Igeret » [3,c 206] s'agissant d'Osiris, mais aussi, un peu plus haut, la même phrase avec inversion des sujets : « Le ciel appartient à ton âme-ba et la terre à ton cadavre » [3,c 188-189] s'agissant de la chair de Rê.
La première tournure pourrait marquer une dépendance (à caractère passif) et la seconde une affirmation de propriété (à caractère actif). C'est la deuxième proposition qui a été choisie pour cette 12e Heure : « Le ciel appartient à ton âme-ba..., la terre appartient à ton cadavre... » Le Grand Dieu n'est plus limité par sa léthargie mais a désormais pouvoir total sur l'univers.

(508) Ces « Deux Déesses » sont Isis et Nephtys que l'on représente soulevant le globe solaire de leurs mains dans la 12e Heure chez Ramsès VI ou dans l'Osiréion d'Abydos, par exemple.

(509) Ces « Deux Filles » sont la « Double Maât », émanations solaires dont il est sans doute question au § 1,c 236 (« Elles te halent, tes Deux Filles »...) et surtout au § 1,2 88 (« La Double Maât hale ce Dieu »...)

(510) Forces divines apparaissant à l'aube, évoquant peut-être la splendeur de ces instants. La turquoise est couramment associée à Hathor, qui est en même temps la « Maîtresse du Sycomore ». Cet arbre donne lui aussi naissance au soleil, entre ses branches. Une titulature complète de MenKheperRê-Thoutmosis trouvée dans le Sinaï comporte, après le nom de « Fils de Rê », l'épithète suivante : « Aimé de Hathor, Maîtresse de la turquoise » (voir A.H. Gardiner & T.E. Peet « The inscriptions of Sinaï », 196, part I, London 1917). On extrayait en effet la turquoise dans les mines du Sinaï.

(511) Il est curieux de constater que du texte rouge encadre, en colonnes, les 24 divinités femelles et mâles de ce registre 1. La place n'a pourtant pas manqué aux décorateurs qui s'étalent ici largement. Il n'en demeure pas moins que ce texte semble entourer les images comme le feraient deux bras, faisant écho (sans doute involontairement, car cette particularité n'existe pas chez AmenHotep II), à l'esthétique générale de la fin de cette 12e Heure.

(512) Le mot « hommes » utilisé ici est celui qui désigne, à l'origine, les gens d'Héliopolis.

(513) C'est-à-dire l'œil-oudjat.

(514) Chou est représenté à l'extrémité droite du registre 2. Sa tête apparaît, juste à droite du scarabée. Il étend ses deux bras le long de la bande verticale de sable, comme le décrit le texte.

(515) Il s'agit des bras de Chou.

(516) J'ai rendu le terme égyptien imAxw par l'expression composée « Bienheureux-Imakhou », faute de mieux, pour tenter de rendre la notion complexe de celui qui, dans l'au-delà, vit dans la béatitude en l'heureuse compagnie d'Osiris et de Rê et qui, de ce fait, est considéré comme très vénéré ; une sorte de saint avant la lettre.

(517) Jeu de mots entre imAxyw qui désigne les Bienheureux-Imakhou et le mot imAxw écrit avec le même hiéroglyphe désignant l'épine dorsale du grand serpent.

(518) Jeu de mots probable entre le nom du serpent naaw et le verbe naa (se glisser, serpenter ? )

(519) Toutefois, ces deux couples divins primordiaux « viennent à l'existence dans cette caverne, lors de la naissance de ce Grand Dieu quand il sort de la Douat ». Ils accueilleraient donc le dieu avant même le moment de leur propre naissance. Cette contradiction devait être sans importance pour les Égyptiens, car ces couples sont représentés au tout début du registre 1, donc au point d'entrée et d'accueil de cette Heure.

(520) Cette partie du texte désigne le serpent n° 893 dressé sur sa queue, crachant du feu et précédé d'une clé de vie.

(521) Il s'agit maintenant des 4 personnages situés à droite du serpent, tenant une rame à la main, et des 10 autres qui les précèdent, faisant le geste d'adoration.

(522) Le texte dit précisément : « Paroles que leur dit ce Grand Dieu lorsque ce Grand Dieu passe près de lui ». De toute évidence, le scribe s'est trompé de pronom à deux endroits. La suite du texte [12,3 102], qui est une acclamation à Osiris, permet sans risque de rectifier cette erreur.

(523) Cette « Première Fois » est recommencée, en fait, quotidiennement. Chaque nouvelle aube peut être considérée comme une « Première Fois ».

(524) Horus cache l'image de la momie de son père Osiris dans les ténèbres, comme l'avait fait autrefois sa mère Isis dans les fourrés du Nil, pour soustraire l'enfant à la fureur de Seth.

(524a) Le serpent n° 234 (H1R 3) porte le même nom.

(525) Les dieux n° 104 (H1R 4) et 532 (H7R3) portent le même nom.

(526) Ce dieu est précédé d'un petit trait vertical noir un peu plus grand que son pagne et situé devant celui-ci, sous les bras en adoration du dieu. Il a été représenté sur mon schéma en bleu et grossi pour être plus visible. Il a servi de point de repère aux décorateurs.